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Prix négatifs de l’électricité (partie 2), illustration récente en Allemagne

Pour relire le premier article sur les prix négatifs, cliquez ici.

A la mi-mars 2019, une configuration spécifique des facteurs jouant sur l’équilibre du réseau électrique en Allemagne a amené à des prix négatifs pendant une période record de 17 heures d’affilée. Une claire illustration de l’impact des renouvelables sur la gestion de l’équilibre offre/demande et un aperçu de ce qui pourrait rapidement devenir la norme.

 

Prix négatifs

Beaucoup de vent et un climat spécialement doux pour la période

A la mi-mars 2019, les conditions étaient déjà baissières pour les prix de l’électricité en Allemagne : un climat relativement doux pour la saison impliquant une moindre consommation pour le chauffage des ménages et une forte production du parc renouvelable : le vent soufflait fort et la luminosité pendant la journée était relativement forte pour la fin d’hiver, décuplant ainsi les productions éoliennes et solaires.

Le climat sur toute l’Europe était alors doux avec des températures bien au-delà des moyennes saisonnières et les réseaux des pays voisins n’avaient donc pas vraiment besoin d’import pour s’équilibrer. La France notamment, habituellement très consommatrice d’électricité en hiver en raison du chauffage électrique, avait ces jours-là une consommation très réduite.

Dès le vendredi soir, une première alerte poussa les prix vers 0 €/MWh quand la demande ralentit avec le début du weekend et que la production éolienne restait très forte.

La « perfect storm » du dimanche 17 mars 2019

Si le réseau a été à l’équilibre le samedi grâce à une faible production éolienne, le ciel dégagé du dimanche après-midi dans un contexte de vents très soutenus a créé un pic de production renouvelable qui a mis le réseau allemand sous forte pression.

Dès le matin, les prix passaient en territoire négatif et ils touchaient presque -20 €/MWh en début d’après-midi après le pic de production solaire. Même les productions « baseload » nucléaire et lignite, traditionnellement très peu flexibles, ont réduit leur production pour soutenir le marché.

Un phénomène appelé à devenir récurrent

Les prix sont restés négatifs 17 heures d’affilé, ce qui est un nouveau record en Allemagne mais ce phénomène pourrait se reproduire car les conditions qui ont généré cette baisse devraient devenir plus fréquentes dans les années qui viennent. En effet, la pénétration toujours plus forte du renouvelable et la baisse programmée du socle nucléaire/charbon/lignite dans le mix allemand va favoriser les occurrences de tels déséquilibre, notamment pendant les mois de transition de novembre ou mars, qui enregistrent une plus faible demande en même temps que de forts niveaux de vent.

La réponse des gestionnaires de réseau va venir d’une plus grande flexibilité qui, si elle devra être améliorée sur la production à terme, va surtout reposer à court et moyen terme sur le stockage (batteries) ou la maîtrise de la demande dont l’effacement est le principal levier.

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